Les crédits proposés et le surendettement
LOA et LLD : ce que le vendeur doit savoir sur la location
Oui, une location avec option d'achat suit les règles du crédit à la consommation : selon l'article L. 312-2 du code de la consommation, « la location-vente et la location avec option d'achat sont assimilées à des opérations de crédit ». Le vendeur qui la présente remet la fiche d'informations, donne les explications sur place, recueille les réponses de la fiche de dialogue et doit être formé (L. 314-25).Il sait chiffrer les loyers et le prix d'achat en cas de levée de l'option.La location longue durée sans option d'achat est un autre cas : L. 312-2 ne la cite pas, et le loueur dit comment il traite son contrat.
Téléviseur, cuisine, vélo électrique ou voiture : la LOA se vend au comptoir comme un financement.Voici ce qu'elle impose au vendeur, et pourquoi la LLD demande de la prudence.Dossier mis à jour le 27 octobre 2026.
Pourquoi la LOA est traitée comme un crédit
Le client qui choisit une location avec option d'achat ne signe pas un prêt au sens courant.Il paie des loyers pour utiliser le bien, puis peut décider de l'acheter.Le code de la consommation ne s'arrête pas à cette différence de forme.L'article L. 312-2 range la location-vente et la LOA parmi les opérations de crédit, ce qui fait entrer ces contrats dans le régime du crédit à la consommation.
Pour le magasin, la conséquence est simple.Tout ce que le vendeur fait pour un crédit affecté, il le fait aussi pour une LOA.Même fiche d'informations, mêmes explications, même consentement exprès, même délai de rétractation.Le mot « location » imprimé sur le bon de commande ne retire aucun de ces devoirs.
Location-vente, LOA, LLD : trois contrats à distinguer
Au comptoir, les trois sigles se mélangent vite.Ils ne recouvrent pourtant pas la même chose, et le client a droit à une présentation exacte de ce qu'il signe.
La location-vente
Citée par L. 312-2 aux côtés de la LOA, elle est elle aussi assimilée à une opération de crédit.Le vendeur la présente avec les mêmes documents qu'un crédit.
La location avec option d'achat
Le client verse des loyers et, en fin de contrat, peut acheter le bien pour le prix prévu en cas d'exercice de l'option.S'il ne lève pas l'option, il n'en devient pas propriétaire.
La location longue durée
Sans option d'achat, elle n'est pas citée par L. 312-2.Le vendeur n'en tire aucune règle par lui-même et renvoie le client vers le loueur.
Les chiffres d'une LOA à savoir expliquer
Le programme minimal de formation fixé par l'article D. 314-27 liste les caractéristiques financières qu'un vendeur doit savoir présenter.Pour les locations avec option d'achat, il ajoute deux éléments propres : le montant des loyers, et le prix d'achat si le client exerce l'option.
Prenons un exemple fictif.Une cliente veut un lave-linge haut de gamme et hésite entre le payer comptant et le louer.Le contrat proposé prévoit trente-six loyers, puis un prix d'achat final si elle veut le garder.Le vendeur lui montre trois chiffres côte à côte : le prix comptant, le total des loyers, et ce même total augmenté du prix d'achat final.
Ce dernier montant est ce qu'elle aura déboursé si elle devient propriétaire.Le comparer au prix comptant, sans commentaire orienté, la laisse décider en connaissance de cause.
Les autres chiffres de la liste valent aussi quand le document de l'organisme les donne : coût total, durée, montant total dû, nombre et contenu des échéances.Le vendeur ne les recalcule pas : il lit ceux de l'organisme et vérifie que la cliente les a compris.
Avant la signature : les mêmes documents qu'un crédit
La fiche d'informations précontractuelles de l'article L. 312-12 est remise sur le lieu de vente, sur papier ou sur un autre support durable.Elle sert au client à comparer avec d'autres offres.Le vendeur la remet avant la signature, pas en même temps que le contrat.
Les explications de l'article L. 312-14 sont dues de la même façon.Sur un lieu de vente, elles se donnent sur place, de manière complète, dans des conditions qui préservent la confidentialité.On ne parle pas des revenus d'un client devant la file d'attente de la caisse.
Si la LOA est conclue en magasin, la fiche de dialogue de l'article L. 312-17 est remplie elle aussi : ressources, charges, prêts en cours, déclaration sur l'honneur du client.Elle aide le loueur à évaluer la solvabilité.Le vendeur la complète avec le client, à partir de ses réponses, sans arranger un seul montant.
Enfin, l'accord du client à la location et à chaque service ajouté s'exprime de façon expresse.L'article L. 312-18-1 interdit de le présupposer, notamment par des cases précochées.Une assurance ou un contrat d'entretien ajouté au loyer se coche par le client lui-même, jamais d'avance par le vendeur.
Le client se rétracte alors qu'il a déjà le bien
Comme pour un prêt, le client dispose de quatorze jours calendaires pour revenir sur son engagement, sans avoir à se justifier.L'article L. 312-19 fixe ce délai.Il court à partir de l'acceptation de l'offre, ou de la réception des informations du contrat si elles arrivent plus tard, et il ne court pas tant que le client n'a pas été informé de ce droit.
La LOA pose pourtant un cas particulier.Le client repart souvent avec le bien le jour même.Que se passe-t-il s'il se rétracte au dixième jour ? L'ordonnance du 3 septembre 2025 a créé pour ce cas l'article L. 312-26-1.Le client verse alors un montant qui correspond à l'usage du bien jusqu'à sa rétractation, proportionné à la valeur marchande du bien.Le texte se lit dans l'ordonnance n° 2025-880, à son article 30.
Le vendeur le dit avant la signature, avec des mots simples : « Vous pouvez changer d'avis pendant quatorze jours.Si vous avez déjà utilisé l'appareil, vous paierez cet usage. » Cette phrase évite une mauvaise surprise au retour du client, et elle respecte son droit d'être informé.
Acheter le bien avant la fin du contrat
Un locataire peut vouloir garder le bien plus tôt que prévu.Depuis la réforme, il peut à tout moment acquérir le bien par anticipation, en vertu de l'article L. 312-35 tel que l'a réécrit l'article 37 de l'ordonnance.Le coût total est alors réduit, et aucun autre intérêt ni frais ne peut lui être demandé.
Pour le vendeur, c'est une information honnête à donner, pas un argument à grossir.Pour le calcul exact, il renvoie vers le loueur.
Ce droit est le pendant, pour la location, du remboursement anticipé que l'article L. 312-34 ouvre aux emprunteurs.Les deux figurent parmi les droits de l'emprunteur pendant l'exécution du contrat, que le programme de formation demande de connaître.
La location longue durée : rester prudent
L'article L. 312-2 cite la location-vente et la location avec option d'achat.Il ne cite pas la location longue durée sans option d'achat.C'est tout ce que l'on peut affirmer à partir de ce texte.
Le vendeur ne doit donc pas improviser une règle devant le client.Il ne déclare pas qu'une LLD n'est pas un crédit, et il ne dit pas non plus le contraire.Il renvoie vers le loueur, qui connaît son contrat et sait quels documents remettre.
Un réflexe reste utile : ne jamais laisser croire au client qu'il pourra acheter le bien en fin de contrat si aucune option n'est prévue.
Le vendeur qui propose une LOA doit-il être formé ?
Oui.L'article L. 314-25 vise les personnes qui expliquent à l'emprunteur les prêts mentionnés aux articles L. 312-1 et L. 312-2, et qui recueillent les informations de la fiche de dialogue.La LOA est justement l'objet de L. 312-2.Le vendeur qui la présente entre donc dans le champ de l'obligation.
L'employeur tient à disposition l'attestation de chaque vendeur concerné, établie par un des prêteurs dont les crédits sont proposés ou par un organisme de formation enregistré.La réforme a créé une amende administrative propre aux manquements à cette obligation de formation (article L. 341-52-1).
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Questions fréquentes
- Une LOA est-elle un crédit à la consommation ?
- Elle y est assimilée.L'article L. 312-2 du code de la consommation range la location-vente et la location avec option d'achat parmi les opérations de crédit.Les règles du crédit s'appliquent : fiche d'informations, explications, consentement exprès, rétractation.
- Le client peut-il se rétracter d'une LOA s'il a déjà emporté le bien ?
- Oui, dans les quatorze jours calendaires.S'il a déjà utilisé le bien, il verse un montant qui correspond à cet usage, proportionné à la valeur marchande du bien, selon l'article L. 312-26-1 créé par l'ordonnance du 3 septembre 2025.
- Peut-on acheter le bien avant la fin d'une LOA ?
- Oui.Le locataire peut acquérir le bien par anticipation à tout moment, avec une réduction du coût total et sans autre intérêt ni frais, selon l'article L. 312-35 dans sa version issue de la réforme.
- La location longue durée suit-elle les mêmes règles ?
- L'article L. 312-2 ne la cite pas.Le vendeur n'en déduit aucune règle seul : il interroge le loueur, qui connaît son contrat.
- Quels chiffres le vendeur doit-il savoir expliquer pour une LOA ?
- Ceux du programme de D. 314-27, et en particulier le montant des loyers et le prix d'achat en cas d'exercice de l'option.
- Un vendeur qui ne propose que des LOA doit-il être formé ?
- Oui.L'article L. 314-25 vise les explications sur les prêts des articles L. 312-1 et L. 312-2, et la LOA relève de L. 312-2.L'employeur garde l'attestation à disposition pour le contrôle.
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- Qui doit être formé au crédit à la consommation dans un magasin ?
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