Formation Crédit

Informer le client au comptoir

TAEG, taux débiteur et coût total : les expliquer simplement au client

Le taux débiteur mesure le prix des intérêts seuls : c'est un taux, fixe ou variable, appliqué au capital emprunté sur une année (article L. 311-1, 8°).Le TAEG va plus loin : pour le calculer, l'article L. 314-1 ajoute aux intérêts les frais, taxes, commissions et rémunérations qui conditionnent le crédit.Le coût total du crédit exprime tous ces coûts en euros.Le montant total dû additionne la somme empruntée et ce coût total.Au comptoir, une phrase suffit : le TAEG sert à comparer deux crédits, le montant total dû dit ce que le client aura payé au bout du compte.

Ces mots reviennent sur chaque fiche, chaque offre et chaque affiche de crédit.Le client les lit sans toujours les comprendre ; le vendeur, lui, doit savoir les traduire en euros.Dossier mis à jour le 27 octobre 2026.

Les notions financières que le vendeur doit connaître

Le programme minimal fixé par les articles D. 314-22 à D. 314-29 dresse la liste des caractéristiques financières que tout vendeur de crédit doit savoir expliquer.On y trouve le taux débiteur, le TAEG, le coût total du crédit, sa durée, le montant total dû, le montant total du crédit, ainsi que le montant, le nombre et le contenu des échéances.Pour une location avec option d'achat s'ajoutent le montant des loyers et le prix d'achat si l'option est levée.

Chacune de ces notions a une définition légale, posée à l'article L. 311-1.Le vendeur n'a pas à les réciter mot pour mot.Il doit savoir les relier entre elles, parce que le client, lui, raisonne en mensualités.

Un bon ordre pour les présenter : partir de ce qui est emprunté, puis de ce que cela coûte, puis de ce que le client rendra en tout, et seulement ensuite parler des taux.

Le montant total du crédit : ce qui est prêté

La loi le définit comme « le plafond ou le total des sommes rendues disponibles ». Pour un crédit affecté, c'est la part du prix financée.Pour un crédit renouvelable, c'est le plafond de la réserve mise à disposition du client.

Exemple fictif : un téléviseur à 900 euros, avec 150 euros réglés comptant le jour de l'achat.Le montant total du crédit est de 750 euros.Le client confond souvent le prix du produit et la somme empruntée : séparez les deux dès le départ.

Le taux débiteur : le prix de l'argent prêté

Le taux débiteur s'applique au capital emprunté, ou au montant réellement utilisé pour un crédit renouvelable.Il s'exprime toujours sur une base annuelle, même pour un crédit de quelques mois, et il peut être fixe ou variable selon le contrat.

Ce taux seul ne suffit pas à comparer deux offres.Deux crédits peuvent afficher le même taux débiteur et coûter des sommes différentes, si l'un ajoute des frais de dossier et l'autre non.C'est précisément pour cela qu'existe le TAEG.

Le TAEG : le taux qui intègre les frais

Le taux annuel effectif global, ou TAEG, prend en compte tout ce qui conditionne le crédit.L'article L. 314-1 prévoit d'ajouter aux intérêts les frais, taxes, commissions ou rémunérations de toute nature, directs ou indirects, supportés par l'emprunteur.Dès qu'il existe des frais en plus des intérêts, le TAEG dépasse donc le taux débiteur.

Pour le client, une image aide : le taux débiteur ressemble au prix de l'article, le TAEG au prix livré et installé, tous frais compris.C'est le TAEG qu'il faut regarder pour comparer deux crédits de même montant et de même durée.

Le calcul revient au prêteur.Le vendeur ne recalcule pas un TAEG à la main et n'en annonce jamais un de mémoire : il lit celui qui figure sur la fiche et sur l'offre remises au client.

Le coût total : la même idée, en euros

La définition légale du coût total est large : intérêts, frais, taxes, commissions ou rémunérations de toute nature que l'emprunteur paie pour obtenir le crédit et que le prêteur connaît.Seuls les frais dus en cas de manquement de l'emprunteur à ses obligations en sont exclus.

Beaucoup de clients comprennent mieux une somme qu'un pourcentage.Dire que le crédit coûte 66 euros en tout, dans notre exemple fictif, parle davantage qu'un taux affiché avec deux décimales.Donnez le chiffre en euros d'abord, le taux ensuite.

Le montant total dû : ce que le client paiera

C'est la somme du montant total du crédit et du coût total du crédit.Reprenons l'exemple fictif du téléviseur : 750 euros empruntés et 66 euros de coût total, soit 816 euros remboursés au fil des échéances, en plus des 150 euros versés comptant.

Les échéances se décrivent par trois éléments : leur montant, leur nombre et leur contenu.Le contenu, c'est ce que chaque échéance rembourse : du capital, des intérêts, parfois une cotisation d'assurance.Un client qui sait qu'il paiera 12 fois 68 euros, et ce que recouvre cette somme, ne sera pas surpris au premier prélèvement.

Une explication en quatre temps au comptoir

Voici une façon de dérouler l'explication, en partant toujours des documents remis au client et jamais de mémoire.L'exemple reste fictif ; seuls comptent l'ordre et la logique.

1. Ce que vous empruntez

Le prix moins ce que vous payez aujourd'hui.Dans notre exemple fictif, 750 euros.

2. Ce que cela vous coûte

Le coût total en euros, lu sur la fiche d'information : 66 euros dans l'exemple.

3. Ce que vous rendrez

Le montant total dû, 816 euros, réparti en 12 échéances de 68 euros.

4. Pour comparer

Le TAEG, à mettre à côté de celui d'une autre offre de même montant et de même durée.

Crédit gratuit et frais pris en charge par le magasin

Quand le magasin prend en charge le coût du crédit, le client ne paie ni intérêts ni frais : pour lui, le coût total est nul.Ce n'est pas une raison pour relâcher l'explication.Si la publicité porte sur un crédit gratuit de plus de trois mois, l'article L. 312-41 impose d'indiquer qui prend en charge le coût du crédit et l'éventuelle réduction accordée pour un paiement comptant.

Le prix est encadré lui aussi.Selon l'article L. 312-42, le vendeur ne peut pas demander plus que le prix le plus bas effectivement pratiqué pour l'achat au comptant d'un article similaire, dans le même établissement, au cours des trente derniers jours précédant la publicité ou l'offre.Gonfler le prix pour financer la gratuité est interdit, et ce manquement est passible d'une amende administrative plafonnée à 1 500 euros pour une personne physique et 7 500 euros pour une personne morale (article L. 341-16).

Les phrases à éviter devant le client

L'article L. 312-10, issu de l'ordonnance du 3 septembre 2025, interdit les communications susceptibles de faire naître de fausses attentes sur le coût du crédit ou le montant total dû.Au comptoir, la même prudence s'impose : bannissez les formules qui minimisent, du genre « c'est presque rien ». Donnez le chiffre, laissez le client juger.

Ne remplacez pas non plus le vocabulaire légal par des mots de vente.Le crédit renouvelable se désigne par les mots « crédit renouvelable », à l'exclusion de tout autre terme, selon l'article L. 312-58.Parler de réserve ou de facilité pour le nommer n'est pas admis.

Pour une location avec option d'achat, n'additionnez pas les loyers en oubliant le prix d'achat final : le client doit connaître les deux.Le dossier LOA et LLD détaille ce cas particulier.

Maîtriser ces chiffres avec notre formation

Le module 1 de notre formation, « Les crédits que vous proposez et leurs chiffres », porte justement sur ces notions, en 30 minutes.La formation complète dure 3 heures, se suit en ligne et revient à 47 € net de taxe par vendeur, attestation comprise.Pour former tous les vendeurs d'un magasin, passez par la demande de devis.

Questions fréquentes

Quel chiffre le client doit-il regarder pour comparer deux crédits ?
Le TAEG, pour deux crédits de même montant et de même durée, parce qu'il intègre les intérêts et les frais.Le montant total dû complète la comparaison en euros.
Le vendeur peut-il annoncer un TAEG de mémoire ?
Mieux vaut jamais.Le TAEG est calculé par le prêteur et figure sur la fiche d'information et sur l'offre.Lisez-le sur le document remis au client, pour que ce qu'il entend corresponde à ce qu'il signe.
Les frais de retard entrent-ils dans le coût total du crédit ?
Non.Selon l'article L. 311-1, le coût total exclut les frais dus en cas de manquement de l'emprunteur.Ces conséquences s'expliquent à part : le vendeur avertit le client de ce qui se passe en cas de défaut de paiement.
Un crédit gratuit a-t-il un coût total ?
Pour le client, le coût total est nul s'il ne paie ni intérêts ni frais.Le coût existe pourtant : quelqu'un d'autre le supporte, par exemple le vendeur, et une publicité de crédit gratuit de plus de trois mois doit dire qui le prend en charge.
Qu'est-ce que le montant total dû ?
C'est la somme du montant total du crédit et du coût total du crédit.Autrement dit, ce que le client aura remboursé à la dernière échéance, sans compter son apport comptant.
Pourquoi parler en euros plutôt qu'en pourcentage ?
Parce qu'un client se représente mieux une somme.Le pourcentage reste utile pour comparer, mais le coût total et le montant total dû disent concrètement ce que le crédit change pour son budget.

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