Formation Crédit

Magasin intermédiaire de crédit : statut, ORIAS et mandat

Sous des seuils fixés par arrêté, le commerçant qui présente un crédit n'est pas intermédiaire.Au-delà : immatriculation, mandat du prêteur, compétences.Ce que disent les textes.

· 9 min de lecture · Par Équipe pédagogique HNC

Former vos vendeurs : formation crédit à la consommation de 3 heures, en ligne. Guide de référence du thème : l'obligation de formation des vendeurs, texte par texte.

Un magasin qui présente le crédit d'un prêteur en complément de ses ventes n'est pas intermédiaire en opérations de banque tant qu'il reste sous des seuils fixés par arrêté, dans la limite de 2 000 opérations ou d'un million d'euros par an pour les crédits courts sans frais ou de moins de 200 €, et de 30 opérations ou 300 000 € pour les autres (article R. 519-2 du code monétaire et financier, version du 20 novembre 2026).
Il le déclare au prêteur, sous sa seule responsabilité.
Au-delà, il a six mois pour s'immatriculer sur le registre unique tenu par l'ORIAS et agit en vertu d'un mandat ; dans tous les cas, ses vendeurs doivent être formés.

Cuisiniste, concessionnaire ou opticien : la question du statut se pose dès que l'on propose un financement.

Qu'est-ce qu'un intermédiaire en opérations de banque ?

L'intermédiation consiste à « présenter, proposer ou aider à la conclusion » d'opérations de banque, ou à effectuer les travaux préparatoires à leur réalisation (article L. 519-1 du code monétaire et financier).

Est intermédiaire la personne qui l'exerce à titre habituel, contre une rémunération ou un autre avantage économique.

Présenter, c'est notamment exposer à un client les modalités d'une opération, ou recueillir son accord (article R. 519-1).

Un vendeur qui explique un crédit et fait signer la demande est donc au cœur de cette définition.

Quand le magasin n'est pas intermédiaire

L'article R. 519-2, 1°, sort du statut les personnes dont l'intermédiation est « un complément aux produits ou services fournis dans le cadre de leur activité professionnelle », sous des seuils annuels.

Les seuils sont fixés par arrêté du ministre chargé de l'économie, « dans la limite » de :

  • 2 000 opérations ou 1 million d'euros par année civile pour les crédits du premier alinéa de l'article L. 312-4-1 du code de la consommation, c'est-à-dire ceux de trois mois au plus sans intérêts ni frais, ou avec des frais négligeables, et ceux de moins de 200 € ;
  • 30 opérations ou 300 000 € pour les autres opérations.

Le chiffre exact retenu par l'arrêté est à vérifier : nous ne citons ici que les plafonds du décret.

L'exception ne joue pas pour les grandes entreprises dont l'intermédiation porte sur le crédit à la consommation, ni pour le crédit immobilier et certaines autres opérations visées par le texte.

Le simple indicateur

Un autre cas existe, plus étroit (R. 519-2, 2°).

Le commerçant qui se contente d'indiquer un prêteur au client, sans remettre d'autres documents que des documents publicitaires fournis ou approuvés par ce prêteur, n'est pas intermédiaire.

Celui qui transmet seulement les coordonnées d'un client intéressé non plus.

Il peut recevoir une commission d'apport (article R. 519-5).

Dès que le vendeur explique le crédit ou prépare la demande avec le client, il va au-delà de ce rôle limité.

La déclaration au prêteur

Le commerçant qui reste sous les seuils le déclare au prêteur, sous sa seule responsabilité (article R. 519-3).

Le seuil s'apprécie au 1er janvier de chaque année.

S'il le franchit, il dispose de six mois au plus pour se mettre en conformité.

À l'expiration de ce délai, il doit être immatriculé sur le registre unique et en informer le prêteur.

Le décompte de vos opérations annuelles est donc un vrai sujet de gestion, pas un détail.

Au-delà des seuils : l'immatriculation

Les intermédiaires en opérations de banque sont immatriculés sur le registre unique (article L. 519-3-1).

Ce registre est celui de l'article L. 512-1 du code des assurances (article L. 546-1) : le registre unique des intermédiaires en assurance, banque et finance, tenu par l'ORIAS.

L'immatriculation se renouvelle chaque année, contre des frais d'inscription fixés par arrêté dans la limite de 250 €.

Le prêteur qui travaille avec un intermédiaire doit s'assurer qu'il est immatriculé (article L. 519-3-2).

Quel mandat ?

L'intermédiaire agit en vertu d'un mandat, qui mentionne la nature et les conditions des opérations qu'il est habilité à accomplir (article L. 519-2).

Le code distingue quatre catégories (article R. 519-4) :

  • le courtier, mandaté par le client, sans mandat d'un établissement ;
  • le mandataire exclusif, qui travaille exclusivement avec un établissement pour une catégorie d'opérations ;
  • le mandataire non exclusif, qui peut détenir plusieurs mandats ;
  • le mandataire d'intermédiaire, mandaté par un intermédiaire des catégories précédentes.

Pour un magasin qui présente les crédits d'un prêteur partenaire, c'est le contrat signé avec ce prêteur qui dit s'il est mandataire exclusif ou non.

Quelles compétences ?

Les personnes qui dirigent l'intermédiaire ou sont responsables de l'intermédiation doivent remplir des conditions d'honorabilité et de compétence professionnelle (article L. 519-3-3).

Quand l'intermédiation est accessoire à une autre activité, ces conditions de compétence visent les personnes physiques responsables de l'intermédiation (article R. 519-7).

Pour un mandataire qui intervient en complément de la fourniture d'un produit, la compétence se justifie par l'un de ces trois moyens (article R. 519-10) :

  • un diplôme de niveau 5 ;
  • six mois d'expérience dans des fonctions liées aux opérations de banque, dans les deux ans qui précèdent l'immatriculation ;
  • une formation professionnelle « d'une durée suffisante », suivie auprès d'un établissement ou d'un organisme de formation choisi par l'intéressé, son employeur ou son mandant.

Les personnes qui justifient de cette formation sont réputées avoir rempli leur obligation au titre de l'article L. 314-25 du code de la consommation (R. 519-7, II).

Et le magasin qui accorde lui-même le crédit ?

C'est un autre cas, qui ne relève pas de l'intermédiation.

À partir du 20 novembre 2026, le commerçant qui octroie lui-même des crédits à titre accessoire à ses ventes devra être immatriculé sur un registre spécifique (article L. 511-6, 9, issu de l'ordonnance n° 2025-1154).

Les détails sont dans ordonnance 2025-1154 : ce qui change pour un magasin.

Dans tous les cas, la formation des vendeurs

Le statut change, l'obligation de formation reste :

  • sous les seuils, les vendeurs relèvent de l'article L. 314-25 du code de la consommation, et le magasin veille à ce qu'ils suivent une formation au contenu minimal fixé par l'article D. 314-27 ;
  • au-delà, le magasin devient intermédiaire de crédit, et son personnel relève de l'article L. 314-24.

Pour le détail de l'obligation, voyez l'obligation de formation crédit à la consommation.

Questions fréquentes

Un magasin qui propose un crédit doit-il s'inscrire à l'ORIAS ?

Pas s'il reste sous les seuils fixés par arrêté dans la limite prévue par l'article R. 519-2, 1°, du code monétaire et financier, et qu'il le déclare au prêteur (article R. 519-3).Au-delà, il doit être immatriculé dans les six mois.

Que se passe-t-il si le magasin dépasse les seuils en cours d'année ?

Le seuil s'apprécie au 1er janvier.En cas de franchissement, le magasin a six mois au plus pour se mettre en conformité et s'immatriculer (article R. 519-3).

Les vendeurs d'un magasin non inscrit doivent-ils être formés ?

Oui.L'article L. 314-25 du code de la consommation vise les personnes qui expliquent les crédits sans être le personnel d'un prêteur ou d'un intermédiaire.

Former vos vendeurs en 3 heures

Notre « Formation crédit à la consommation : distribution et prévention du surendettement » suit le programme minimal de l'article D. 314-27, pour les magasins inscrits ou non.

3 heures : un tronc commun de 2 heures et une partie d'1 heure propre à votre métier.

47 € net de taxe par vendeur.
S'inscrire en ligne.

Vous formez une équipe : devis pour plusieurs vendeurs.

Sources

  • Code monétaire et financier, articles R. 519-1 à R. 519-5, version du 20 novembre 2026 : Légifrance, article R. 519-2, lu le 27/10/2026.
  • Code monétaire et financier, articles L. 519-1 à L. 519-3-3 et L. 546-1 : Légifrance, article L. 519-2, lu le 27/10/2026.
  • Code monétaire et financier, articles R. 519-7 et R. 519-10 : Légifrance, article R. 519-10, lu le 27/10/2026.
  • Code monétaire et financier, article L. 511-6, version du 20 novembre 2026 : Légifrance, lu le 27/10/2026.
  • ORIAS, registre unique des intermédiaires en assurance, banque et finance : orias.fr, consulté le 27/10/2026.
  • Code de la consommation, articles L. 314-24, L. 314-25 et D. 314-27, version du 20 novembre 2026 : Légifrance, article L. 314-25, lu le 27/10/2026.

Vos vendeurs sont-ils formés ?

La formation se suit entièrement en ligne, en 3 heures. À la fin, chaque vendeur reçoit une attestation de formation, que le magasin garde en cas de contrôle.

Articles liés

Réforme 2026

Réforme du crédit : la check-list du responsable de magasin

Quatorze points à vérifier avant le 20 novembre 2026 quand votre magasin propose un paiement en plusieurs fois ou un crédit : équipe, documents, vente, publicité, primes.

· 9 min de lecture

Lire l'article
Programme

Rétractation du crédit : les 14 jours expliqués au client

Le client peut renoncer à son crédit pendant 14 jours calendaires, sans motif. Ce que le vendeur doit lui dire : point de départ, formulaire, argent, effets sur la vente.

· 8 min de lecture

Lire l'article
Réforme 2026

Directive (UE) 2023/2225 : la réforme du crédit en clair

La directive (UE) 2023/2225 remplace la directive de 2008 sur le crédit aux consommateurs. Calendrier, transposition française, et ce qui change pour les magasins.

· 9 min de lecture

Lire l'article
Obligation

Primes des vendeurs et crédit : ce qui est interdit

Un vendeur ne peut jamais être payé selon le taux ou le type de crédit qu'il fait signer. Ce que dit l'article L. 314-23, les amendes, et comment relire ses plans de primes.

· 7 min de lecture

Lire l'article
Obligation

Publicité du crédit en magasin : les mentions obligatoires

Affiche, étiquette, devis : dès qu'un support parle de crédit, il porte la mention « Attention ! Un crédit coûte de l'argent et doit être remboursé ». Le reste, point par point.

· 8 min de lecture

Lire l'article
Obligation

Mettre à jour les connaissances crédit de ses vendeurs

L'employeur doit faire mettre à jour les connaissances de ses vendeurs quand la règle change. Ce que dit l'article D. 314-29, et ce que la réforme change, module par module.

· 8 min de lecture

Lire l'article
Obligation

Formation des vendeurs au crédit : contrôlée et sanctionnée

Au 20 novembre 2026, ne pas former les vendeurs qui proposent un crédit expose le magasin à une amende de 7 500 €. Qui est visé, ce qui est contrôlé, comment s'y prendre.

· 9 min de lecture

Lire l'article
Obligation

Contrôle du crédit en magasin : ce que vérifie l'enquêteur

Pouvoirs des agents de la répression des fraudes, documents demandés, procédure contradictoire, prescription : comment se passe un contrôle du crédit en magasin.

· 9 min de lecture

Lire l'article