Formation Crédit

La réforme du 20 novembre 2026

Paiement en plusieurs fois : ce qui devient un crédit au 20 novembre 2026

Au 20 novembre 2026, un paiement en plusieurs fois est un crédit à la consommation dès qu'un tiers, par exemple un organisme spécialisé, finance l'achat.L'article L. 312-4 n'exclut plus que la facilité accordée par le vendeur lui-même, soldée sous cinquante jours, sans intérêts et sans aucun tiers ; le délai tombe à quatorze jours pour une grande entreprise qui vend en ligne.Le seuil de 200 euros a disparu.Les crédits de trois mois au plus sans frais et ceux de moins de 200 euros gardent un régime allégé (L. 312-4-1) : ni fiche de dialogue ni consultation du fichier, mais la fiche d'informations et les explications restent dues.

Au comptoir, la même phrase « vous pouvez payer en plusieurs fois » recouvre des opérations très différentes.Voici comment les classer, et ce que ce classement change pour vos vendeurs.Dossier mis à jour le 27 octobre 2026.

Le point de départ : la définition de l'opération de crédit

Tout part du 6° de l'article L. 311-1.Le crédit y est défini largement : il peut être consenti « sous la forme d'un paiement différé, d'un prêt, y compris sous forme de découvert ou de toute autre facilité de paiement similaire ». Payer plus tard, ou payer en plusieurs fois, entre donc par principe dans la définition.

Ce point de départ compte.On ne se demande pas si une solution de paiement ressemble à un crédit : on part du principe qu'elle en est un, puis on cherche si une exclusion prévue par le code l'en fait sortir.Ces exclusions sont listées à l'article L. 312-4, et la réforme les a resserrées.

La facilité accordée par le magasin lui-même : trois conditions cumulées

Le 4° de l'article L. 312-4 exclut les paiements différés que le fournisseur accorde lui-même, à trois conditions.Le paiement doit être entièrement exécuté dans les cinquante jours qui suivent la fourniture.Il ne porte aucun intérêt, seuls des frais limités pouvant être dus en cas de retard.Enfin, « Aucun tiers n'offre au consommateur un crédit pour le paiement du bien ou du service fourni ».

Exemple fictif : une boutique de literie livre un matelas de 900 euros et laisse au client trois versements, le dernier quarante jours après la livraison, sans intérêts.Les trois conditions sont réunies : l'opération reste hors du code.Si le dernier versement tombe à soixante jours, ou si des intérêts s'ajoutent, l'exclusion ne joue plus : c'est un crédit à la consommation, éventuellement au régime allégé décrit plus bas.

Les trois conditions vont ensemble : une seule qui manque suffit à faire tomber l'exclusion.Le cas du commerçant qui fait crédit lui-même est développé dans notre réponse sur le paiement différé accordé par le magasin.

La grande entreprise qui vend en ligne : quatorze jours

Le 4° ne profite pas aux grandes entreprises qui vendent à distance par voie électronique.Elles relèvent du 5°, plus strict : le paiement différé doit être réglé sous quatorze jours, et aucun tiers ne doit ni offrir de crédit au client ni acheter la créance au fournisseur.

La mention de la créance vise un montage précis : le vendeur accorde un délai, puis cède la somme due à un organisme.Pour une grande entreprise en ligne, ce montage suffit à faire entrer l'opération dans le champ.Un commerce qui n'est pas une grande entreprise vendant en ligne reste, lui, sur le 4° et ses cinquante jours.Les questions propres au commerce en ligne sont traitées dans notre page sur le paiement fractionné sur le site du magasin.

Dès qu'un organisme finance, l'exclusion tombe

Les deux exclusions ont un point commun : aucun tiers ne doit faire crédit au client.C'est justement le modèle des organismes spécialisés dans le paiement fractionné.Dans ce schéma, l'organisme avance le prix au magasin et le client le rembourse par échéances.Un tiers fait crédit : l'opération est un crédit à la consommation.

Peu importe que le client ne paie aucun frais, ou que le magasin supporte le coût de l'opération.L'article L. 312-1 vise les crédits onéreux comme les crédits gratuits.Le « sans frais » change le régime applicable, pas la qualification.

Peu importe aussi le nombre d'échéances.Trois fois, quatre fois, dix fois ou vingt-quatre fois : dès qu'un tiers finance, on est dans le code.Ce qui varie, c'est la liste des règles à respecter, selon la durée et le coût du crédit.

La fin du seuil de 200 euros

Avant la réforme, les petits montants échappaient au code.Ce plancher a disparu : l'article L. 312-1 s'applique désormais dès le premier euro, jusqu'à 100 000 euros.Un accessoire de 90 euros payé en quatre fois par un organisme est un crédit, tout comme un canapé de 2 000 euros payé en dix fois.

Les petits crédits ne sont pas traités comme les gros pour autant.Ils profitent du même régime allégé que les crédits courts et gratuits, décrit dans la section suivante.Notre réponse sur les achats à crédit de moins de 200 euros en donne des exemples de comptoir.

Le régime allégé de l'article L. 312-4-1

L'article L. 312-4-1 vise deux familles : les crédits remboursables en trois mois au plus, sans intérêts ni frais ou avec des montants négligeables, et les crédits de moins de 200 euros.Pour eux, quelques règles sont mises de côté, et la liste est fermée.

Sont écartés : trois des mentions de la publicité chiffrée prévues à l'article L. 312-6 (ses 4°, 5° et 6°) ; le IV de l'article L. 312-16, qui prévoit la consultation du fichier des incidents ; l'article L. 312-17, c'est-à-dire la fiche de dialogue sur les ressources et les charges ; enfin les articles L. 312-48 à L. 312-53, une partie des règles du crédit affecté.

Tout le reste demeure.La publicité porte toujours la mention d'avertissement, la fiche d'informations de l'article L. 312-12 est toujours remise, les explications de l'article L. 312-14 sont toujours données et l'accord du client reste exprès.Le régime est allégé, il n'est pas supprimé.

Quatre questions pour classer chaque solution de paiement

Pour chaque solution proposée en caisse, posez quatre questions dans l'ordre.Qui avance l'argent : le magasin seul, ou un tiers ? En combien de temps le client a-t-il fini de payer ? Paie-t-il des intérêts ou des frais, hors pénalités de retard ? Quel montant est financé ?

Si le magasin seul fait crédit, sans intérêts, et que tout est réglé sous cinquante jours, l'opération est hors champ.Si un tiers finance sur trois mois au plus sans frais, ou finance moins de 200 euros, c'est un crédit au régime allégé.Dans tous les autres cas, par exemple un paiement en dix ou douze fois, un crédit affecté avec intérêts, un crédit renouvelable ou une location avec option d'achat, l'ensemble des règles s'applique.

Notez le résultat pour chaque solution, avec le partenaire qui la finance et la durée maximale proposée.Ce tableau sert deux fois : il guide les vendeurs au comptoir, et il montre, en cas de contrôle, que le magasin sait ce qu'il propose.

Et la formation des vendeurs ?

L'article L. 314-25 vise les personnes qui fournissent les explications sur les crédits et qui recueillent les informations nécessaires à la fiche de l'article L. 312-17.Les deux tâches sont liées dans la phrase du texte.

Il en découle une zone grise, qu'il faut dire franchement.Un magasin qui ne propose que du 3 ou 4 fois de moins de trois mois sans frais, ou des crédits de moins de 200 euros, n'a pas de fiche de dialogue à faire remplir.L'obligation de former ses vendeurs devient alors discutable, et le texte ne tranche pas.

La zone grise disparaît dès qu'un crédit plus long entre dans l'offre : paiement en dix ou douze fois, crédit affecté, crédit renouvelable, location avec option d'achat.Là, la fiche de dialogue est due et la formation aussi.Même dans la zone grise, former celui qui présente le paiement fractionné reste prudent, puisqu'il doit toujours donner au client des explications complètes.

Former ceux qui proposent le paiement en plusieurs fois

Le premier module de notre formation crédit conso de 3 heures apprend à reconnaître les crédits que vous proposez et à lire leurs chiffres, paiement fractionné compris.Le parcours se suit en ligne, pour 47 euros net de taxe par vendeur, et se termine par une attestation de formation.Plusieurs caisses à équiper ? Un devis regroupe tous vos vendeurs.

Questions fréquentes

Le paiement en 4 fois sans frais est-il un crédit à la consommation ?
Oui, au 20 novembre 2026, dès qu'un organisme le finance.S'il se rembourse en trois mois au plus sans frais, il suit le régime allégé de l'article L. 312-4-1.
Un magasin peut-il encore proposer un paiement différé hors du code ?
Oui, s'il l'accorde lui-même, sans intérêts, sans tiers qui finance, et que le client a tout réglé dans les cinquante jours suivant la fourniture du bien.
Le seuil de 200 euros existe-t-il encore ?
Plus comme seuil d'exclusion : le code s'applique dès le premier euro.Il subsiste seulement comme limite du régime allégé de l'article L. 312-4-1.
La fiche de dialogue est-elle due pour un paiement en 3 fois ?
Pas pour un crédit de trois mois au plus sans frais, ni pour un crédit de moins de 200 euros : l'article L. 312-4-1 écarte l'article L. 312-17 dans ces deux cas.
Un paiement en 10 fois sans frais suit-il le régime allégé ?
Non, s'il dure plus de trois mois et porte sur 200 euros ou plus.Le crédit gratuit reste un crédit, et l'ensemble des règles s'applique, fiche de dialogue comprise.
Que change la vente en ligne pour une grande entreprise ?
Son paiement différé maison doit être réglé sous quatorze jours, sans tiers qui fasse crédit ni rachète la créance, pour rester hors du code.

Former vos vendeurs

La formation se suit entièrement en ligne, à son rythme : 6 modules en 3 heures, 5 communs et 1 propre à votre métier. Un quiz par module et un quiz final. À la fin, chaque vendeur reçoit une attestation de formation, vérifiable par QR code : c'est la pièce que le magasin conserve et présente en cas de contrôle.

La formation de vos vendeurs, en ligne

Une formation crédit à la consommation de 3 heures, à jour de la réforme du 20 novembre 2026, avec une attestation par vendeur à la fin.