Formation Crédit

Crédit gratuit et paiement à 0 % : les règles en magasin

Un crédit à 0 % reste un crédit.Prix comptant le plus bas sur 30 jours, escompte, qui paie le coût, contrat distinct : les règles du crédit gratuit au comptoir.

· 8 min de lecture · Par Équipe pédagogique HNC

Former vos vendeurs : formation crédit à la consommation de 3 heures, en ligne. Guide de référence du thème : le programme de la formation de 3 heures.

Un crédit sans intérêts ni frais reste un crédit à la consommation : le code s'applique aux opérations conclues « à titre onéreux ou à titre gratuit » (article L. 312-1 du code de la consommation, version du 20 novembre 2026).
Quand les frais du financement sont pris en charge, le magasin ne peut pas demander au client à crédit plus que le prix comptant le plus bas pratiqué dans le magasin au cours des trente jours précédents (article L. 312-42).
Et la publicité d'un crédit gratuit de plus de trois mois indique l'escompte éventuel en cas de paiement comptant et qui prend en charge le coût du crédit (article L. 312-41).

« 0 % », « sans frais », « offert » : ces mots vendent bien.

Ils engagent aussi le magasin.

Voici les règles, de l'étiquette au contrat.

Un crédit gratuit est-il vraiment un crédit ?

Oui.

L'article L. 312-1 vise toute opération de crédit, « qu'elle soit conclue à titre onéreux ou à titre gratuit », jusqu'à 100 000 €.

Les explications, la rétractation de quatorze jours et l'évaluation de la solvabilité restent donc dues.

Une exclusion concerne directement le magasin : le paiement différé qu'il accorde lui-même, payé en totalité sous cinquante jours, sans intérêts et sans qu'aucun tiers n'offre de crédit au client, n'est pas un crédit (article L. 312-4, 4°).

Ce cas est détaillé dans paiement différé du commerçant : la règle des 50 jours.

Le prix : jamais plus cher qu'au comptant

C'est une règle simple à vérifier : il suffit de comparer deux prix.

Lorsqu'une opération de financement comporte une prise en charge totale ou partielle des frais, le vendeur ne peut pas demander à l'acheteur à crédit une somme supérieure « au prix le plus bas effectivement pratiqué pour l'achat au comptant d'un article ou d'une prestation similaire, dans le même établissement de vente au détail, au cours des trente derniers jours précédant le début de la publicité ou de l'offre » (article L. 312-42).

Trois conséquences pratiques :

  • le prix de référence est celui du même magasin, pas celui d'un concurrent ;
  • la période de référence est de trente jours avant la publicité ou l'offre ;
  • une promotion au comptant pendant ces trente jours fixe le plafond du prix à crédit.

Le manquement est passible d'une amende administrative de 1 500 € au plus pour une personne physique et de 7 500 € au plus pour une personne morale (article L. 341-16).

La publicité d'un crédit gratuit

Pour un crédit de plus de trois mois sans intérêts ni autres frais, toute publicité indique (article L. 312-41) :

  • le montant de l'escompte éventuellement consenti en cas de paiement comptant ;
  • qui prend en charge le coût du crédit consenti gratuitement.

La mention « Attention ! Un crédit coûte de l'argent et doit être remboursé » reste obligatoire, même à 0 % (article L. 312-5).

Si la publicité est chiffrée, une partie de l'exemple représentatif n'est pas due pour un crédit sans intérêts ni frais : les 4°, 5° et 6° de l'article L. 312-6 sont écartés (article L. 312-4-1).

Restent le taux débiteur et les frais, le montant total du crédit et le TAEG.

Le manquement à ces règles de publicité relève de l'amende administrative de l'article L. 340-2.

Deux crédits proposés ensemble

Il arrive qu'un crédit gratuit ou promotionnel soit proposé en même temps qu'un crédit payant, par exemple un 0 % sur une partie de l'achat.

Le crédit payant est alors conclu dans un contrat distinct, conforme aux règles de formation du contrat de crédit (article L. 312-43).

Le prêteur qui ne le respecte pas encourt une amende administrative (L. 341-16) et la déchéance du droit aux intérêts (article L. 341-4).

Le 3 ou 4 fois sans frais : un régime allégé

Au 20 novembre 2026, le paiement en 3 ou 4 fois financé par un organisme devient un crédit à la consommation.

L'article L. 312-4-1 allège toutefois les règles pour les crédits de trois mois au plus, sans intérêts ni frais, ou avec des frais négligeables, ainsi que pour les crédits de moins de 200 €.

Ne s'appliquent pas à ces crédits :

  • les 4°, 5° et 6° de l'article L. 312-6, sur la publicité ;
  • la consultation du fichier des incidents de remboursement (IV de l'article L. 312-16) ;
  • la fiche de dialogue de l'article L. 312-17 ;
  • les articles L. 312-48 à L. 312-53, sur une partie du crédit affecté.

Tout le reste s'applique, dont la rétractation et les explications.

Le détail est dans paiement en 3 ou 4 fois : ce qui change le 20 novembre 2026.

Les mots et les gestes à éviter

  • « C'est gratuit, ce n'est pas un crédit. » Faux : le code vise le crédit à titre gratuit (L. 312-1).
  • « Sans justificatif, sans formalité. » Interdit en publicité : on ne peut pas laisser croire qu'un crédit se consent sans élément sur la situation financière du client (article L. 312-10).
  • « Un cadeau si vous prenez le crédit. » Les lots promotionnels liés à l'acceptation d'une offre de crédit sont interdits en publicité (article L. 312-11), et la valeur d'une prime en nature liée au crédit est plafonnée par arrêté (article L. 312-15).
  • Remonter le prix pour financer le 0 %. C'est exactement ce que l'article L. 312-42 interdit.

Ce que le vendeur dit au client

Quatre phrases suffisent :

  • « Ce financement est un crédit, même s'il ne vous coûte rien en intérêts. »
  • « Le prix est le même qu'au comptant. »
  • « C'est le magasin, ou le prêteur, qui prend en charge le coût du crédit. »
  • « Vous avez quatorze jours pour vous rétracter du crédit. »

La troisième phrase se vérifie avant d'être dite : la publicité doit préciser qui prend en charge ce coût (L. 312-41).

Questions fréquentes

Un crédit à 0 % est-il un crédit à la consommation ?

Oui.L'article L. 312-1 du code de la consommation s'applique aux opérations de crédit conclues à titre onéreux ou à titre gratuit.

Le prix à crédit gratuit peut-il dépasser le prix comptant ?

Non.Il ne peut pas dépasser le prix comptant le plus bas pratiqué dans le même établissement au cours des trente jours précédant la publicité ou l'offre (article L. 312-42).

Que doit indiquer la publicité d'un crédit gratuit ?

Pour un crédit de plus de trois mois sans intérêts ni frais : l'escompte éventuel en cas de paiement comptant et qui prend en charge le coût du crédit (article L. 312-41), en plus de la mention de l'article L. 312-5.

Le client peut-il se rétracter d'un crédit gratuit ?

Oui.Le droit de rétractation de quatorze jours de l'article L. 312-19 n'est pas écarté par le régime allégé de l'article L. 312-4-1.

Former vos vendeurs en 3 heures

Le crédit gratuit et le paiement fractionné sont traités dans notre « Formation crédit à la consommation : distribution et prévention du surendettement ».

3 heures : un tronc commun de 2 heures et une partie d'1 heure propre à votre métier.

47 € net de taxe par vendeur.
S'inscrire en ligne.

Vous formez une équipe : devis pour plusieurs vendeurs.

Sources

Vos vendeurs sont-ils formés ?

La formation se suit entièrement en ligne, en 3 heures. À la fin, chaque vendeur reçoit une attestation de formation, que le magasin garde en cas de contrôle.

Articles liés

Programme

Crédit affecté : ce que le vendeur doit dire au client

Avec un crédit affecté, la vente et le crédit sont liés. Les six phrases que le vendeur doit savoir dire : livraison, paiement, remboursement, rétractation, résolution.

· 9 min de lecture

Lire l'article
Obligation

Alternant qui vend à crédit : faut-il le former ?

Un apprenti ou un alternant en contrat de professionnalisation peut présenter un crédit sans formation, à trois conditions. Ce que dit l'article D. 314-22, et ses limites.

· 7 min de lecture

Lire l'article
Programme

FICP et refus de crédit : quoi dire au client

Le prêteur consulte le FICP, pas le vendeur. En cas de refus de crédit, ce que le client a le droit de savoir, ce que le vendeur peut lui dire, et vers qui l'orienter.

· 8 min de lecture

Lire l'article
Programme

TAEG expliqué en 2 minutes aux vendeurs en magasin

Le TAEG additionne les intérêts et tous les frais obligatoires d'un crédit, sur une base annuelle. Comment l'expliquer au client, avec les autres chiffres du crédit.

· 7 min de lecture

Lire l'article
Programme

Rétractation du crédit : les 14 jours expliqués au client

Le client peut renoncer à son crédit pendant 14 jours calendaires, sans motif. Ce que le vendeur doit lui dire : point de départ, formulaire, argent, effets sur la vente.

· 8 min de lecture

Lire l'article
Programme

Repérer un client en difficulté : signes et bons mots

Prévenir le surendettement fait partie de la formation des vendeurs. Les signes à repérer, les mots pour avertir, et vers qui orienter un client en difficulté.

· 8 min de lecture

Lire l'article
Programme

Fiche de dialogue : le guide du vendeur en magasin

La fiche de dialogue recueille les revenus, les charges et les crédits en cours du client. Quand la remplir, quoi demander, quels justificatifs au-delà de 3 000 €.

· 9 min de lecture

Lire l'article
Programme

Évaluation de la solvabilité : le rôle exact du vendeur

Le prêteur évalue la solvabilité et décide, le vendeur recueille les informations. Ce que dit l'article L. 312-16 au 20 novembre 2026, et où s'arrête le rôle de chacun.

· 8 min de lecture

Lire l'article