Paiement fractionné et réforme
Les cases précochées pour l'assurance ou le crédit sont-elles interdites ?
Oui.Au 20 novembre 2026, l'article L. 312-18-1 du code de la consommation exige que le consentement du client au crédit et aux services accessoires, comme l'assurance emprunteur, soit « exprimé par un accord exprès ». Il interdit de le présupposer, notamment par des cases pré-cochées, et interdit tout crédit accordé sans demande préalable ni accord explicite.Sur un bon de commande, une tablette ou un site, aucune option de crédit ou d'assurance n'est donc cochée d'avance : c'est le client qui coche.Le crédit accordé sans demande ni accord explicite est lourdement sanctionné (L. 341-14).
Les deux interdits de l'article L. 312-18-1
L'article L. 312-18-1 contient deux interdits.Le premier vise le crédit lui-même : il ne peut pas être accordé sans demande préalable ni accord explicite du client.Le second vise la manière de recueillir l'accord : il doit être exprès, pour le crédit comme pour les services accessoires, et il est interdit de le présupposer.
Le mot « notamment », placé devant les cases pré-cochées, compte : la case n'est qu'un exemple.Une option activée par défaut sur une tablette ou une assurance ajoutée d'office au devis relève de la même logique.
Au comptoir : trois situations à corriger
Première situation, fictive : la tablette de souscription propose l'assurance emprunteur avec un curseur déjà placé sur « oui ». Le vendeur le remet sur une position neutre et laisse le client choisir.Deuxième situation : le bon de commande imprimé porte une case « paiement en 10 fois » cochée par défaut.Le magasin fait corriger le modèle.
Troisième situation : un client vient acheter un téléviseur comptant, et le vendeur lui ouvre un crédit renouvelable « pour profiter de la remise ». Sans demande du client ni accord explicite, c'est un crédit accordé en violation du texte.L'article L. 341-14, dans sa rédaction issue de l'ordonnance du 3 septembre 2025, punit ce manquement jusqu'à 300 000 euros pour une personne physique et 1 500 000 euros pour une personne morale.
L'assurance : proposer sans imposer
L'assurance emprunteur est un service accessoire.Si elle est facultative, l'article L. 312-29 veut que l'offre rappelle comment ne pas y adhérer.Si le prêteur l'exige, le client peut choisir une assurance équivalente auprès de l'assureur de son choix, et il dispose d'au moins trois jours pour comparer, sauf demande expresse d'accepter plus tôt.
Dans les deux cas, le vendeur présente le coût de l'assurance, dit si elle peut être résiliée séparément du crédit, comme le demande l'article L. 312-14, et laisse le client décider.La phrase « tout le monde la prend » est à proscrire.Le refus de l'assurance est détaillé dans notre réponse sur l'assurance proposée avec le crédit.
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Deux précisions qui reviennent
Crédit non demandé
Jusqu'à 300 000 euros pour une personne physique et 1 500 000 euros pour une personne morale (L. 341-14).
Notice d'assurance
Elle est remise dans un document distinct.Un manquement relève de l'article L. 341-12, avec un plafond de 1 500 euros pour une personne physique et de 7 500 euros pour une personne morale.
Questions fréquentes
- Le vendeur peut-il cocher la case de l'assurance pour un client qui a dit oui à l'oral ?
- Mieux vaut que le client coche ou valide lui-même : l'article L. 312-18-1 exige un accord exprès, et une case remplie par le vendeur le laisse mal établi.
- L'interdiction vaut-elle sur un site internet ?
- Oui.Le texte ne distingue pas les canaux : un formulaire en ligne ne peut pas présenter d'option de crédit ou d'assurance cochée d'avance.
- L'assurance peut-elle être obligatoire ?
- Le prêteur peut l'exiger.Le client peut alors souscrire une assurance équivalente auprès de l'assureur de son choix (L. 312-29).
- Que risque le magasin qui ouvre un crédit sans accord du client ?
- Le crédit accordé sans demande ni accord explicite est puni par l'article L. 341-14, jusqu'à 1 500 000 euros pour une personne morale.
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